Progression en vol thermique

Et si je vous racontais notre progression en vol thermique. Mika et moi avons apprivoisé progressivement les conditions printanières précoce et tonique de Mars. Comme à notre habitude, nos choix privilégient sécurité et plaisir. C’est pourquoi nous avons choisi un site que nous aimons particulièrement et que nous allons vous faire connaitre : le Mont Poupet. Alors suivez notre envol en parapente dans les ascendances jurassiennes. Et découvrez comment nous avons initié notre progression en vol thermique. Et si cela ne vole pas, il y a toujours à faire dans la région, dégustation, visites… Retrouvez les bons plans en fin d’article.

Du ski de rando à la progression en vol thermique

Début Mars, nous venons de faire le Buet en ski de randonnée. Malgré le plaisir procuré par cette magnifique course, une seule envie : voler en parapente. Depuis quelques jours les conditions printanières offrent des thermiques généreux. À Besançon, Les copains de vol ont déjà réalisé de beaux cross. A dire vrai, cela nous fait rêver même si ce n’est pas notre objectif de cette année. Pour l’instant nous privilégions le hike and fly en montagne. Mais en parallèle nous aspirons à enrouler les thermiques. En réalité nous avons la volonté d’améliorer nos techniques de pilotage. Cela tombe bien, un anticyclone s’installe durablement sur la Franche-Comté pour la semaine à venir. Voilà le moment opportun de lancer notre progression en vol thermique au Poupet, site que l’on connait bien.

Panorama depuis le sommet du Buet

Faites connaissance avec le Poupet

Le Mont Poupet, berceau du vol libre en Franche-Comté se trouve dans le Jura près de Salins-les-Bains. La famille Chauvin ; Agnès, Eric, Tom, Hugo, Yann, Chloé, Nicolas et la chienne Sunna ont les clefs de ce site magnifique et y possèdent l’école de parapente. Au Poupet vous pouvez décoller dans presque toutes les directions à l’exception du Nord-Est. Trois atterrissages officiels à savoir Croix Mérin, la pente-école et un terrain entre les deux. Comme partout vous soignerez votre atterrissage pour le respect des cultures. La Poupet se voit de loin en arrivant de Dole ou de Besançon. Sachez que sa longue falaise plein sud offre de belles restitutions jusqu’au coucher de soleil. Les parapentistes aguerris affectionnent cette montagne jurassienne comme départ de cross en plaine. De leur côté adeptes de Hike and fly et débutants font leur plouf du matin depuis le Sud. Je vous préviens, l’air d’envol ressemble à un timbre-poste. Alors par vent nul préférez la belle pente du décollage Ouest. Entre les 2 vous marchez à peine 2 minutes avec la voile en bouchon. Pratique, non ? Pour la petite histoire, nous avons franchi le pas de notre premier vol autonome depuis l’Ouest. Mais aujourd’hui vient enfin le moment de nous élever dans les thermiques du Poupet. 

Récit d’une semaine de progression en vol thermique au Poupet

Lundi 21 Mars

13h15, Il y a du monde au Barnum du Poupet, lieu de partage entre parapentistes. Agnès et Eric organisent une navette pour monter au décollage. Ils nous proposent une place même s’ils connaissent bien nos habitudes de marcheurs infatigables. Effectivement nous attaquons avec plaisir les 250m de dénivelé nous séparant du sommet. La pente-école bien raide nous réchauffe rapidement. Puis le sentier dans la forêt devient plus agréable. De belles zones de végétations luxuriantes ressemblent à une forêt primaire. En une vingtaine de minutes nous arrivons au décollage Nord du Poupet.

Sentier pour monter au décollage
Barnum

14h00, les copains ont déjà commencé leur prévol. Ne perdons pas de temps si nous voulons goûter aux ascendances printanières. Pour une fois je me présente avant Mika sur le décollage avec ma voile en bouchon. Tellement impatiente que j’ai été super efficace. Je pré-gonfle mon aile avec le vent s’engouffrant dans le bord d’attaque. Je vérifie que personne ne vole devant le décollage, la voie est libre. Alors je tire gentiment sur les élévateurs, mon parapente monte progressivement. Presque à la verticale je le temporise puis me retourne. Ainsi je fais face à la zone d’envol prête à m’élancer, mais le contrôle ne se passe pas comme je veux. Les commandes ne répondent pas, je suis comme emmêlée. Voilà je viens de me twister pour la première fois. En fait je ne me suis pas retournée dans le bon sens. Ou plutôt, je n’ai pas connecté mes élévateurs comme d’habitude. Heureusement pour moi pas de rafales à ce moment-là, j’affale l’aile sans problème. Je rougis de honte, moi qui appréhende le jugement des autres. Mais tout le monde est bienveillant, et me préconise de prendre mon temps. Bref, une leçon de plus tirée aujourd’hui : se méfier de la prise de confiance et ne pas laisser les habitudes prendre le dessus sur le contrôle.

Décollage de Sev au déco Nord

14H25, cet aléa clos, je vole désormais le long de la falaise du Poupet. Mika vient également de décoller et semble catapulté par une bouffe bien tonique. Les plus expérimentés enroulent efficacement, ils sont déjà bien perchés. Je cherche, je tâtonne mais n’arrive à rien. Je me sens chahutée mais garde mon sang froid. Je reviens devant le décollage et à sa gauche un thermique me permet de reprendre un peu de hauteur. Je n’ose pas enrouler, je me sens trop proche du relief. Et toujours cette sensation de me faire bousculer. Alors j’essaye de faire quelque huit mais sans réelle conviction. Je jette l’éponge après 15 minutes dans une masse d’air aux thermiques désorganisés. Je pose à la pente-école suivie de près par Mika. Malgré cette forte instabilité, l’euphorie de ce premier vol thermique l’emporte. Nous replions et remontons rapidement pour voler à nouveau.

16h, Notre second vol fut à l’image du premier. Quelques sensations d’entrée en thermique, mais un mauvais positionnement nous empêche d’exploiter cette colonne d’air montante. Nous ne ferons pas de 3ème tentative à cause d’un vent forcissant. 

18h, fatiguée par ces sensations peu habituelles, je m’endors dans le van à l’heure de l’apéro. Bref une bonne nuit de sommeil m’aidera à digérer cette expérience. Notre progression en vol thermique est lancée.

Mardi 22 Mars

11h, Mika et moi venons de décoller depuis le décollage O après notre traditionnel hike and fly du matin. Un vent dynamique nous permet de tenir devant le décollage. Nous sommes seuls ce matin dans le ciel du Poupet. Mika qui appréhende la proximité du relief s’éloigne au-dessus d’une clairière. Alors de mon côté j’en profite et reste près du relief devant le décollage. Bref un joli petit vol du matin avant de poser à Croix Mérin, un des trois atterrissages officiels du Poupet.

14h30, Tous les habitués du Poupet volent déjà, mais ils n’ont pas l’air de faire grand-chose. Les prévisions annonçaient une instabilité peu marquée, cela semble se confirmer dans le ciel. La plupart restent près de la falaise alors que la veille ils étaient presque tous partis en cross. Effectivement la brise est faible, peu d’agitation dans les branchages, les thermiques semblent faiblards. Je décolle dans un mauvais cycle et pose en moins de 5 minutes à la pente-école. Aujourd’hui la progression en vol thermique débute mal. C’est rageant mais l’avantage du Poupet, c’est que l’on peut remonter rapidement quand on aime marcher.

16h, Nous voilà à nouveau prêt à voler accompagné par Julien, parapote vanlifer. Mais la rubalise du déco Nord pend lamentablement le long de son piquet. Nous ne lâchons pas du regard ce bout de tissu que nous aimerions voir à l’horizontale. Quelques bouffes le soulèvent une dizaine de secondes, puis suivent de longues accalmies. Julien s’élance vigoureusement mais malgré un parapente à l’allongement important nous l’observons descendre inexorablement. Avec nos petites ailes de montagnes, c’est un plouf assuré. Mais comme notre van stationne en bas, autant descendre en volant. Mika profite d’une entrée d’air pour gonfler sa voile. Il court en chargeant efficacement la ventrale et plane au-dessus des sapins. Il suit le même chemin descendant que Julien direction l’atterrissage.

Décollage Ouest du Mont Poupet
Décollage ouest
Atterrissage pente école

16h15, Me voilà seule sur la moquette du déco Nord du Poupet. Les quelques bouffes présentes précédemment ont disparu. Décoller sans le moindre souffle d’air ne m’amuse guère. Alors je peaufine mon centrage par rapport à ma voile en tendant les suspentes. J’attends encore et encore. Des regrets m’assaillent, j’ai trop attendu. Pourquoi n’ai-je pas suivi dans la foulée de Mika. Les minutes s’égrainent et le doute s’installe dans mon esprit. Si dans 5 minutes aucune bouffe ne revient, je replie et descends à pied. Les conditions sans vent sur les décollages falaise me procurent trop de stress. 

16h25, Au moment où je m’apprête à capituler, la flammèche se met à nouveau en mouvement. En fait, un véritable revirement de situation arrive. Ce qui ressemble à de petits frémissements devient une brise soutenue. Désormais le tissu vole à l’horizontale sans retomber. Les branches d’arbres à droite du décollage remuent vigoureusement. Ce n’est plus le moment de réfléchir, je décolle sans attendre dans ce créneau inespéré. Je sors à droite et reste près du relief. A ma grande surprise plus j’avance le long de la falaise, plus je monte. A mi-parcours au niveau du Naturama, je m’élève encore plus facilement. Je fais des va-et-vient dans cette zone et me perche bien 100m au-dessus du décollage. Oui à mon niveau ici je peux employer le mot perché ! J’enchaine plusieurs allers-retours, ça tient facilement dans une masse d’air agréable. J’ai décollé au démarrage de la restitution, un timing chanceux. 

Décollage Nord

17h00, En bas ils doivent me voir kiffer avec ma petite aile, c’est sûr ils vont remonter. Mais qu’est-ce que je me sens bien seul dans le ciel du Poupet. D’ailleurs j’en profite pour travailler mon pilotage. Je réduis mon rayon de virage sans dégrader mon plané. Je dose ma distance par rapport au relief et tente des virages cadencés plus serrés.

17H30, je vole seule depuis une heure quand la navette du Poupet arrive près de l’air d’envol. Une poignée de parapentistes se met en vol, mais je ne vois pas Mika. Je profiterai jusqu’au coucher de soleil de ce vol contemplatif. Pas de progression en vol thermique ce mardi, mais une bonne prise de confiance sous ma SuSi3.

Dans la soirée, Mika m’avouera sa frustration d’avoir décollé 10 minutes trop tôt. Et surtout de ne pas avoir pu profiter de ce vol tranquille avec moi en amoureux.

Mercredi 23 Mars

9h30, ce matin nous suivons Agnès dans son tour du propriétaire. Chaque matin elle marche avec sa chienne Sunna sur les sentiers sauvages du Poupet. Ce moment de partage nous permet de faire mieux connaissance. Puis nous lui parlons de notre objectif de progression en vol thermique et de nos points de blocage. Elle nourrit l’échange de quelques conseils. Depuis notre reconversion professionnelle, nous prenons le temps pour ce genre de rencontre. Nous découvrons tranquillement de nouveaux sites de vol libre. Et surtout nous cherchons systématiquement la présence de locaux. Echanger avec des parapentistes expérimentés est certes rassurant pour mieux connaitre un site. Mais c’est également une source intarissable de conseils. Finalement ce hike and fly avec Agnès ressemble à un débrief entre 2 élèves et le moniteur. C’est en parlant tout haut de ses craintes que les affronter devient possible. Nous verrons si Mika parvient à approcher du relief. Et si moi j’arrive à enrouler au-dessus de ce relief.

Décollage Sud
Ballade Jusqu'au Poupet avec la DTE de l'école : Agnès

10h30 à cette heure-ci, le soleil inonde le sud et le Ouest. Nous faisons le tour des décollages, vent nul partout. Alors nous décollons tremplin du décollage Sud-Ouest pour notre plouf du matin. Nous posons dans la pente école au moment où Agnès et Sunna arrivent également de la fin de leur randonnée. La chienne n’aura pas le temps de nous faire la fête, qu’on remonte déjà ! Définitivement accro au marche et vol du matin au Poupet !

13h15 Tom, un des fils Chauvin moniteur et crosseur émérite, organise déjà une navette pour aller au déco Nord. Nous avalons rapidement notre déjeuner pour monter dans le véhicule.

14h00 Dans ma précipitation, je décolle dans un mauvais cycle et descends sans trouver la moindre ascendance. Je peste un peu contre mon impatience de me mettre en vol. Il est parfois urgent d’attendre. Bref j’ai des jambes et je les utilise. Alors je remonte avec Mika qui a subi le même sort que moi.

15h00 2ème vol, je plane depuis vingt minutes mais me positionne mal dans les thermiques. Le variomètre s’affole, je monte : ressource, abattée, temporisation, j’attends une ou deux secondes puis engage le virage. Mais systématique je prends une dégueulante et descends encore plus bas. Je reviens dans le thermique que j’ai repéré mais à nouveau c’est foireux. C’est même pire que ça, je fais l’expérience d’une sortie de thermique sous le vent. Alors franchement je n’ai pas aimé cette sensation d’arrêt du vent relatif sur le visage. Puis la sensation de ne plus avoir de portance et voir les sapins se rapprocher. Bref je choisis de stopper le vol avant de ne plus être concentré pour poser en sécurité.

18h15 Nous posons après plus d’une heure de restitution. Infatigables, nous sommes remontés avant 17h en observant les copains planer dans la restitution. Tout semble facile dans cette masse d’air de fin de journée. Puis quoi de mieux que finir sa journée par un vol contemplatif au coucher de soleil.

Gonflage avant décollage de Mika
Mika vient de décoller
Mika en vol

Nous débriefons en partageant une bière avec toute la bande d’habitués du Poupet. La satisfaction se lit sur nos visages : nous venons de vivre une journée idéale de vol en parapente. Hike and fly du matin dans une nature magnifique. Suivi par une progression en vol thermique certes pas encore au point mais fort enrichissante en sensations. Je ne sais pas si c’est le site du Poupet qui veut ça, mais nous nous y sentons bien. Les conditions printanières nous donnent des ailes. C’est incroyable pour Mika et moi de passer enfin plus de temps à voler qu’à marcher.

Pour assurer demain, il va falloir recharger les batteries avec une bonne nuit de sommeil. Effectivement les différents modèles météo s’accordent sur belle instabilité au Poupet avec un vent météo modéré. Et oui désormais nous analysons également les émagrammes. Dans notre cas, cela permet d’affiner l’heure à laquelle tenter un vol thermique pas trop violent pour nous. Notre progression en vol thermique passe par une bonne analyse météo. D’ailleurs on s’aide du site rocher bleu pour analyser les émagrammes de météociel. Cela fait partie des enseignements assimilés lors de notre stage thermique avec l’ENSA l’an passé.

Ce soir dans le van en me glissant dans le duvet, je susurre à Mika : « pourquoi chercher bien loin le bonheur alors qu’il est à portée d’aile ».

Jeudi 24 Mars

9h30 Pas de rando vol ce matin pour garder de l’énergie pour les ascendances. Nous allons faire quelques courses à Salins-les-Bains. D’ailleurs vous retrouvez nos bonnes adresses en fin d’article. Mais l’heure tourne et le créneau propice à une bonne progression en vol thermique approche.

13h30, Mika et moi arrivons les premiers au décollage Nord. La rubalise ainsi que les branchages sur le côté du décollage s’agitent. C’est bon signe tout ça, les thermiques semblent en place. Nous profitons d’être seul pour faire notre prévol directement sur l’air d’envol. Avec nos Susi3 le démêlage prend peu de temps, avantage d’une voile légère qui a peu de suspentes. En fait j’ai à peine le temps de finir ma prévol, que Mika s’envole déjà. Au même instant la navette de l’école de parapente du Poupet déverse les parapotes. Aujourd’hui nous leur servons de fusibles. Je prends le temps d’observer Mika avec toute la bande. Nous constatons qu’il tient près du relief. Serait-il en train de prendre confiance en lui et ses commandes ? Je le laisse faire son virage devant le décollage où se trouve un thermique généreux. Voilà un bon indice pour moi, puis dès qu’il s’éloigne j’entame mon décollage.

Décollage Nord Ouest

14h, Une bouffe me satellise dans le bruit strident saccadé du variomètre. Je m’avance juste ce qu’il faut devant le décollage puis vire franchement à droite pour accrocher le relief. Finalement il ne se passe pas grand-chose de ce côté. J’arrive à me maintenir pour faire un aller-retour quasiment jusqu’au bout de la falaise. Mais au retour ma trajectoire ne fait que descendre alors que Mika gère bien sa position. Pour une fois je vois uniquement son intrados. Je passe sous le décollage, ça sent l’atterrissage dans 2 minutes. Mais au-dessus de la croupe à gauche du décollage, je sens que ça monte. Je suis toute seule dans cette zone ascendante alors j’y fais des huit. Je n’ose toujours pas enrouler, les sapins me paraissent proches. Les minutes défilent, je grappille du dénivelé avec un peu de finesse dans les commandes. Finalement je me retrouve au-dessus du décollage. Comme quoi même avec une voile légère c’est possible de gratter dans du petit. Je me relâche à peine qu’un thermique teigneux me rappelle à l’ordre. Je viens de me prendre un coup de stress à l’image de l’inclinaison de l’abattée, renversant. Il ne m’en faut pas plus pour perdre ma combativité. 

14h30 J’entame alors une descente jusqu’à l’atterrissage. De son côté Mika gère parfaitement sa session de vol. Je suis heureuse d’être pour une fois au sol pour le voir apprivoiser les thermiques. Il vole au-dessus du sommet avec toute une grappe de parapentistes. Sa peur du relief s’envole au-delà du plafond du jour ! J’essaye de faire un peu de gonflage après mon atterrissage. Mais j’ai qu’une envie en voyant Mika satellisé, remonter pour voler.

15h15, J’arrive au déco Nord après 15 minutes de marche en mode guerrière. Pas âme qui vive puisque tout le monde plane dans le ciel du Poupet. Après le petit pipi de la peur, je fais ma prévol dans une sérénité optimale.

15h30, Personne devant le décollage, je m’envole à la poursuite de Mika. Mais alors qu’il vole depuis presque 1h30, je vois son extrados descendre vers l’atterrissage. Décidément nous avons du mal à voler ensemble. Je me demande si je ne vais pas atterrir puis remonter avec lui pour la restitution. Mais j’enlève aussitôt de mon esprit cette idée et décide de privilégier ma progression en vol thermique.

16h00, Il y a du monde aujourd’hui au Poupet. J’observe à gauche et à droite, en haut et en bas avant la moindre manoeuvre. Un pilote me met mal à l’aise en passant près de moi. J’ai le relief à ma droite mais il me grille la priorité. Je peste et m’éloigne pour me trouver une zone ascendante moins fréquentée. Le variomètre s’affole. Je me concentre et me parle à voix haute comme si un moniteur me donnait des consignes. Ralentis en baissant progressivement et simultanément tes 2 commandes.  Regarde par dessus ton épaule à droite. Engage le virage à droite avec appui sellette et en relevant ta commande extérieur gauche. Remet toi face au vent et recommence. Et voilà j’enroule dans un thermique. je fais quelques tours puis sors de la colonne ascendante. 

16h45, J’ai pris pas mal de hauteur alors j’observe les autres parapentistes. Une aile orange enroule très large au-dessus des antennes du sommet. Je suis à la même altitude et décide de rejoindre cette voile. J’ai réussi à bien me positionner, je me cale sur sa trajectoire. Nos regards se croisent, comme pour dire « on le partage ce thermique ? » Alors je cadence mon virage pour enrouler face à face dans le même thermique avec ce parapentiste. Je fais 2 ou 3 tours puis m’éloigne de la zone. Alors je vois arriver la navette du Poupet. Mika est dans le groupe, on va pouvoir finir le vol ensemble.

17h15, Presque 2 heures de vol, j’ai quelques fourmillements dans les doigts. Mais je me sens assez en forme pour continuer le vol. D’autant que l’arrivée de Mika me galvanise. On se croise de nombreuses fois en se faisant des youhou ! Jusqu’à ce qu’il change de trajectoire et se place dans ma trainée. Il a bien compris que je connais la position des ascendances. Alors il me colle au train. Je décide donc de l’emmener en balade vers les antennes. Facile maintenant que nous n’avons plus peur d’être au-dessus du relief. J’engage le virage quelques secondes après les bip bip du variomètre. Je tourne dans le thermique avec mon regard dirigé vers le stabilo à l’intérieur du virage. Et qui vois-je dans le prolongement ? Mika en train d’enrouler avec moi en tête à tête dans le même thermique. Je ne peux retenir un cri de bonheur. Quelle sensation grisante de partager les yeux dans les yeux ce moment magique dans notre vie de parapentiste. J’imagine que tous ceux qui volent en couple comprennent l’intensité de nos sentiments à cet instant.

18H30, Je pose les pieds sur terre après mon plus long vol à ce jour. Je viens de voler pendant 3 heures en thermiques avec ma petite Susi. L’euphorie m’emporte. L’adrénaline monte, j’éclate de rire et tombe dans les bras de Mika. 

Plus tard pendant le barbecue partagé au Barnum de l’école, je suis encore perchée tout là-haut. L’émotion de ce vol restera gravée longtemps.

Nous avons enroulé notre premier thermique en amoureux au Poupet.

Vendredi 25 Mars

12h Une matinée au Poupet comme on les aime : 2 marches et vol sinon rien ! 

Puis de retour au van, nous papotons avec Tom. C’est vraiment agréable de discuter avec lui, il nous écoute en se mettant à notre niveau. Nous le questionnons sur ses expériences et sa progression. Concernant les SIV, Il nous avoue avoir attendu longtemps avant d’en faire. Pendant que d’autres commencent dès la première année de vol passée. Sa philosophie est d’éviter de se mettre dans une situation propice aux incidents de vol. Il est tellement humble en rapport à son niveau, nous buvons ses paroles pleines de sagesse. Et que dire de Hugo, son petit frère qui a construit et cousu sa propre aile d’accro. Chaque membre de la famille Chauvin possède son propre talent tout en étant toujours prêt à le partager. Ils font régner un climat de bienveillance au pied du Poupet. On se sent bien avec ces gens calmes pleins de belles valeurs. Finalement c’est en partie pour cela que l’on ressent de bonnes ondes au Poupet.

12h30 Tom et la bande de crosseurs s’apprêtent à monter au décollage avant que cela ne forcisse. Mais il ne nous incite pas à les suivre, au contraire. Effectivement 2 pioupious dans des thermiques nerveux avec du vent fort sous une petite aile légère, ce n’est pas un combo gagnant. De son côté Éric nous confie qu’il serait dommage d’enrayer notre dynamique positive. Il en profite pour nous donner quelques conseils de pilotage. 

C’est ainsi que se termine notre semaine de progression en vol thermique au Poupet.

Bons Plans

L’atterrissage de croix Mérin : quelques places de parking pour 2 ou 3 vans juste en bordure du terrain d’atterrissage. Il est possible de se garer dans un petit champ avant d’arriver à l’attéro. C’est notre endroit préféré avec vue sur le Poupet et le coucher de soleil sur la pleine jurassienne. Tranquillité au maximum, c’est la vie dans la nature sauvage !

Au décollage : vous pouvez monter en véhicule au décollage. Il y a de nombreuses places mais moins de tranquillité en pleine journée. C’est un bon plan en été par forte chaleur car l’emplacement se situe en forêt, donc ombragé. A partir de 20h, la nature vous appartient.

Patisserie Mattieu Jacoulot : des viennoiseries au bon goût de beurre pour un petit déjeuner au top ! Et les petits gâteaux exquis raviront les palais avertis. Un magnifique travail sur le chocolat, et le paris-brest est à se damner.

La coopérative fromagère de Salins-les-Bains : offrez-vous les classiques Comté et Morbier à des prix défiants toute concurrence, mais surtout terriblement bon.

Quand ça ne vole pas au Poupet

Les aléas de la météo peuvent parfois clouer le parapentiste au sol. Mais rassurez-vous les terres jurassiennes regorgent de beauté.

  • Salins-les-Bains : à vingt minutes, visite des salines classées au patrimoine mondial de l’Unesco et le musée du sel. Le Fort Saint André construit par Vauban et le Fort Belin domine le village. On les admire depuis le déco sud du Poupet !
  • Nans-sous-sainte-Anne : à quinze minutes, petit village au milieu d’une reculée entourée de falaises et la rivière Lison peinte par Gustave Courbet. Quelques bâtisses du XV siècle et une taillanderie à visiter. Pour rester en mode sportif : Via ferrata et randonnée à la source du Lison.
  • Les salines royales d’Arc-et-Senans classé au patrimoine mondiale de l’unesco
  • Arbois : à vingt minutes, village viticole du Jura. Dégustez les vins Jurassiens très typés de l’appellation Arbois chez Tissot, Rolet ou au domaine de la pinte. Puis perdez-vous à pied dans les vignes ou à la cascade des Tufs.
  • La reculée des Planches à Baume-les-messieurs et le belvédère du cirque du fer à cheval
  • Port-Lesney : En été vous pouvez vous baigner dans la Loue entre les vols du matin et le soaring du soir ! Seulement à quinze minutes de route.
  • Lac de Chalain : à une heure de route. Le jour où cela ne vole pas, passez une journée au bord de ce lac couleur émeraude. Une belle randonnées de 2h30 vous permet de faire le tour du lac.
  • Le Belvédère des 4 lacs et le Pic de l’Aigle : c’est un magnifique point de vue sur le lac d’Ilay et également un déco parapente!

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